Le symposium « Climat et santé » trace la voie vers un Luxembourg plus sain, plus résilient et climatiquement neutre

Plus de 90 participants issus des administrations publiques, du monde académique, des établissements de santé, des communes, de la société civile et d’organisations internationales se sont réunis le 7 juillet 2026 à l’Abbaye de Neumünster à l’occasion du symposium « Changement climatique et santé : défis et opportunités pour le Luxembourg », organisé par l’Observatoire de la politique climatique du Luxembourg (OPC).

L’événement a examiné les effets déjà observables du changement climatique sur la santé au Luxembourg et a mis en lumière la manière dont les mesures d’atténuation et d’adaptation génèrent des co-bénéfices pour la société tout en renforçant la résilience et la durabilité du système de santé.

Le symposium, organisé sur une journée entière, a réuni des experts internationaux de premier plan ainsi que des acteurs luxembourgeois afin d’examiner les dernières données scientifiques relatives aux risques sanitaires liés au climat, notamment les vagues de chaleur, la pollution atmosphérique, les phénomènes météorologiques extrêmes, les impacts sur la santé mentale et les inégalités de santé.

Les discussions ont également souligné les importants bénéfices sanitaires associés aux mesures d’atténuation du changement climatique, notamment la mobilité active, une alimentation plus saine et une meilleure qualité de l’air.

Les participants ont bénéficié d’interventions de référence du Professeur Andrew Haines de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, l’un des plus grands spécialistes mondiaux du changement climatique et de la santé publique, ainsi que de contributions d’experts de renommée internationale, parmi lesquels la Professeure Virginia Murray, le Professeur Kévin Jean, la Professeure Catherine Bouland et la Docteure Dora Ürge.

Tout au long de la journée, les intervenants ont souligné que le changement climatique n’est plus uniquement une question environnementale, mais également un défi majeur de santé publique qui exige une action coordonnée entre les différents secteurs. Le symposium a également examiné comment le système de santé luxembourgeois peut devenir à la fois plus résilient face aux impacts climatiques et plus durable grâce aux efforts de décarbonation.

Les ateliers organisés dans l’après-midi ont porté sur quatre thèmes prioritaires :

Les participants ont identifié collectivement des actions concrètes et des priorités destinées à orienter l’élaboration et la mise en œuvre futures des politiques publiques.

Perspectives ministérielles

Serge Wilmes, ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité, s’est félicité de la reconnaissance croissante des liens entre politique climatique et santé publique : « Protéger le climat, c’est protéger les personnes. Chaque tonne d’émissions de gaz à effet de serre évitée, chaque quartier résilient face au climat aménagé et chaque mesure d’adaptation mise en œuvre contribuent à préserver la santé et le bien-être de nos communautés. Le symposium de l’OPC a mis en évidence l’importance de placer les personnes au cœur de nos politiques et de renforcer la collaboration entre les secteurs afin de construire un avenir plus sain et plus résilient pour tous. »

Martine Deprez, ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, a souligné l’importance de préparer les systèmes de soins aux défis climatiques émergents : « Les impacts sanitaires du changement climatique sont déjà visibles partout en Europe, depuis les maladies liées à la chaleur jusqu’aux conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes. Le Luxembourg continue de renforcer la prévention, la préparation et la résilience tout en veillant à ce que notre système de santé contribue aux solutions climatiques. Les objectifs de santé et de climat doivent progresser de concert. »

Points de vue des parties prenantes

Françoise Kemp, présidente de la Commission de la santé et de la sécurité sociale et députée, qui a participé à la table ronde consacrée à la pertinence des enjeux climat-santé pour le Luxembourg, a insisté sur l’importance de politiques fondées sur des données probantes ainsi que sur la coopération intersectorielle. « Le changement climatique façonne de plus en plus les défis sanitaires auxquels notre société est confrontée. Les discussions d’aujourd’hui ont démontré que la protection de la santé publique nécessite une action coordonnée entre les domaines des politiques environnementales, sanitaires, sociales et locales. En tant que décideurs politiques, nous avons la responsabilité de veiller à ce que les données scientifiques soient traduites en mesures concrètes qui protègent les personnes, réduisent les vulnérabilités et améliorent la qualité de vie de tous les résidents. »

Jeannot Behm, conseiller en écologie et énergie de la Ville d’Esch-sur-Alzette, qui a participé à la table ronde de clôture sur les priorités climat-santé du Luxembourg à l’horizon 2030, a souligné le rôle essentiel des communes dans la mise en œuvre des solutions sur le terrain. « Les villes et les communes se trouvent en première ligne face aux impacts du changement climatique comme face aux solutions à mettre en œuvre. Qu’il s’agisse de végétalisation urbaine, de mobilité durable, de mesures d’adaptation à la chaleur ou d’une meilleure communication des risques, les autorités locales peuvent mettre en œuvre des actions qui améliorent la santé des habitants tout en renforçant la résilience climatique. La transition vers des communautés climatiquement neutres représente également une occasion de rendre nos villes plus saines, plus attractives et plus inclusives. »

Voix de la communauté scientifique

La Professeure Virginia Murray, intervenant sur les événements extrêmes et la santé mentale, a déclaré : « Les impacts sanitaires des inondations, des tempêtes et d’autres aléas liés au climat vont bien au-delà de la phase d’urgence immédiate. Renforcer la résilience signifie investir non seulement dans les infrastructures et la préparation, mais aussi dans le soutien à long terme à la santé mentale et au rétablissement des communautés. »

Le Professeur Kévin Jean, abordant les vagues de chaleur et la santé publique, a déclaré : « La chaleur devient l’un des risques sanitaires liés au climat les plus importants en Europe. Des systèmes d’alerte chaleur-santé efficaces, une protection ciblée des populations vulnérables et une planification urbaine adaptée au climat peuvent sauver des vies et réduire les charges pesant sur la santé publique. »

La Professeure Catherine Bouland, centrant son intervention sur la qualité de l’air et la santé respiratoire, a ajouté : « La réduction de la pollution atmosphérique produit des bénéfices sanitaires immédiats et mesurables. Les politiques qui diminuent les émissions tout en luttant contre le changement climatique contribuent également à prévenir les maladies respiratoires et cardiovasculaires. »

La Docteure Dora Ürge a mis en avant les synergies entre un mode de vie sain et l’action climatique : « Étant donné que le secteur de la santé figure parmi les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre dans les pays de l’OCDE, une plus grande attention devrait être accordée à la prévention et aux modes de vie sains — en particulier une alimentation équilibrée et les modes de déplacement actifs —, car ceux-ci peuvent réduire la charge des maladies non transmissibles (MNT) ainsi que le recours aux soins de santé. Cela permet de diminuer les émissions associées au secteur de la santé tout en améliorant la santé de la population et sa qualité de vie. »

Voix de l’OPC

La Professeure Diana Ürge-Vorsatz, membre de l’OPC et vice-présidente du GIEC, a souligné : « Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les arbres urbains stockent 7 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Planter davantage d’arbres, idéalement pour ombrager les arrêts de bus, les trottoirs et les fenêtres exposées au soleil, peut réduire de plusieurs degrés la température des rues et des habitations et prévenir des décès liés à la chaleur. Une densité accrue d’arbres dans les quartiers est également associée à une augmentation de l’espérance de vie pouvant atteindre 4,5 années, y compris chez les personnes âgées de plus de 90 ans. »

Le Professeur Jean‑Pascal van Ypersele, membre de l’OPC et ancien vice-président du GIEC, a déclaré : « Comme le GIEC le rappelle depuis plus de 35 ans, il est nécessaire à la fois de s’adapter au changement climatique déjà en cours et à ses phénomènes extrêmes (tels que les vagues de chaleur), et de réduire les émissions de carbone afin d’en atténuer les effets. Nous ne devons pas considérer l’adaptation, la résilience et l’atténuation comme des priorités concurrentes. Les politiques les plus efficaces permettent souvent d’atteindre simultanément ces trois objectifs. Les solutions fondées sur la nature en sont d’excellents exemples. Les arbres, les parcs, les zones humides et les sols perméables rafraîchissent nos villes. Ils réduisent le stress thermique, améliorent la qualité de l’air, favorisent la biodiversité, diminuent les risques d’inondation et améliorent le bien-être mental. Cela est particulièrement vrai dans des villes comme Luxembourg, où l’effet d’îlot de chaleur urbain amplifie les températures extrêmes : la nature est l’un de nos meilleurs alliés. »

Un programme d’action commun

Le symposium s’est conclu par une discussion de haut niveau sur les priorités du Luxembourg en matière de climat et de santé pour les années à venir. Les participants ont insisté sur l’importance :

Les résultats des ateliers contribueront au dialogue en cours sur les politiques relatives au climat et à la santé et aideront à orienter les futures initiatives des autorités publiques, des organisations de santé, des chercheurs et des partenaires de la société civile.

À propos de l’Observatoire de la politique climatique du Luxembourg (OPC)

L’Observatoire de la politique climatique du Luxembourg (OPC) est un organisme scientifique indépendant qui soutient l’élaboration de politiques climatiques fondées sur des données probantes au Luxembourg. Grâce à ses activités de recherche, d’analyse et de mobilisation des parties prenantes, l’OPC contribue à nourrir le débat public et à développer des solutions climatiques efficaces.

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